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L'écran, l'icône et le miroir.

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    marie B
  • il y a 6 jours
  • 7 min de lecture

« Notre monde change en raison des nouvelles technologies […] Les catholiques ne peuvent pas regarder ailleurs. »


L’écran, l’icône et le miroir est écrit par le prêtre domicain Jacques-Benoit Rauscher avec ce sous titre : chercher Dieu dans un quotidien technologique.

L’auteur a une plume efficace, précise, claire et agréable et il ne part que du très concret, sans diabolisation, pour le ramener aux Ecritures, sans langue de bois ni effet de manche. 


Il aborde chacun des thèmes que je vais vous lister juste après selon trois angles : l’écran : un réalisme quant aux mutations technologiques, l’icône : interroger la Tradition et le miroir : inviter à la conversion. 

J’en recommande la lecture et vous propose ci-dessous quelques notes. 


Liste des chapitres 

Mon portable, ses possibilités et mon péché

Travailler en ligne

S’informer en ligne

Acheter en ligne

Du sexe en ligne

Acquérir des connaissances en ligne 

Amitiés en ligne.



Extrait de l'introduction


La résignation ne peut avoir voix au chapitre dans une vie chrétienne. D'abord parce que, quelles que soient les époques, des trésors d'une sagesse incarnée peuvent être puisés à pleines mains dans ce que les disciples du Christ ont vécu et pensé, en dépit de graves mésinterprétations qu'il ne s'agit en rien de taire. Ensuite, parce que la pensée chrétienne a montré, à travers les siècles et les continents, qu'elle était capable de conserver ce qui fait sa spécificité en s'adaptant avec exigence aux contextes changeants de l'Histoire.

Mais pour ne pas se résigner et embrasser cette courageuse attitude qui sied au chrétien, il convient d'oser monter sur trois fronts: caractériser lucidement les mutations de notre temps, écouter comment celles-ci permettent de recevoir à nouveau frais la Parole que Dieu adresse au monde, et travailler les faiblesses ou les chantiers qu'elles mettent au jour dans notre réflexion chrétienne présente.


Du chapitre 2 sur le travail en ligne.

Le septième jour, celui du repos, tait partie de l'achèvement de la création.

Ce n'est pas parce que la création était terminée que

Dieu s'est reposé; c'est parce qu'il s'est reposé que la création peut être considérée comme achevée.

Autrement dit: ce qui achève la création est l'irruption d'un temps différent, d'un temps gratuit au cœur de l'activité. Cela est valable pour l'homme également. Le sabbat est le rappel qu'un travail doit être accompli de bout en bout mais qu'il est achevé quand la gratuité d'un repos le couronne?. Dans un travail d'esclave, au service d'un maître sans scrupule, il n'y a pas de repos. L'homme ne peut pas couronner une œuvre qui l'asservit.

Le sabbat est donc le rappel hebdomadaire que tout chef peut devenir tyran, et que tout travail peut devenir esclavage s'il n'est pas référé à la seigneurie de Dieu. S'arrêter dans le cadre du sabbat c'est indiquer, de manière ferme, que le seul maître est Dieu, et qu'aucune autre puissance ou injonction ne peut réduire l'homme en esclavage.


petits sabbats pour soi... et pour l'Église

Délimiter le travail nust pas chose aisée. Il Y a pourtant la une véritable conversion à opérer sur le plan personnel comme communautaire. Elle ne concerne pas que l'irruption du travail en ligne, mais celui-ci constitue une occasion de rappel singulier pour quelques principes fondamen-taux. De fait, la spécificité chrétienne devrait être particulièrement mise en avant, dans la période contemporaine, sur cet enjeu particulier du travail qu'il convient de tenir à sa juste place.

S'imposer des petits lieux sabbatiques

Une première piste pour cela consiste à s'inspirer - chacun dans la situation qui est la sienne - de la délimitation opérée par la tradition du sabbat et des prescriptions de saint Benoît à ses moines. Il y a des heures dans la journée et des moments dans la semaine ou dans l'année, pendant lesquels on devrait s'interdire tout rapport numérique au travail.

En raison du caractère envahissant qui menace toujours le travail, il convient que ces espaces chômés soient tenus de manière très stricte. Cela devrait être valable pour toutes activités: profession-nelles, et aussi bénévoles ou associatives. En cela, il s'agirait de proposer un temps différent que l'on soit en situation d'études, de vie protessionnelle ou de retraite. Concrètement, il s'agirait de fixer à l'avance des moments où les alertes téléphoniques (par messa-gerie, sonnerie, etc.) liées au travail soient strictement bannies. Comme si une règle extérieure l'imposait et ne souffrait à peu près aucune dérogation.

Et pourquoi ne pas étendre cette pratique à toute une journée: le dimanche? Le dimanche pourrait être ce jour sans sollicitation professionnelle émanant d'un appareil électronique. Pas seulement pour avoir le temps d'aller à la messe et de prendre un repas un peu plus long. Mais aussi pour célébrer un moment de la semaine dans lequel l'esprit est disposé d'une manière différente à l'égard des préoccupations quotidiennes, quelle que soit leur importance. Avec fermeté et prudence, on pourrait espérer qu'il y ait là une manière singulière dont les chrétiens manifesteraient la façon dont ils habitent le temps de ce monde.


chapitre 3 : s'informer en ligne


Il n'est pas difficile de transposer ces propos à de nombreuses situations auxquelles nous sommes fréquemment confrontés. L'ennui ressenti face à l'activité que nous sommes appelés à vivre peut nous persuader que, ailleurs, avec d'autres personnes, tout irait mieux. « La préparation de cette rencontre, l'écriture de ce texte me pèse, je n'ai plus d'inspiration! Je vais consulter mes messages pour voir si quelqu'un de vraiment important (ou de vraiment en détresse) aurait besoin de moi! »

Voilà les petites musiques que nous nous jouons tous d'une manière ou d'une autre. Évidemment, ces mélodies-là peuvent aussi s'harmoniser avec l'ennui ressenti dans la prière. « Ce temps de prière en silence a commencé il y a seulement cinq minutes et j'ai l'impression que je suis là depuis quatre heures. Ah, je viens de me souvenir que je devais passer un coup de fil à une fidèle bien malade que je n'ai pas vue depuis longtemps.

Il faut absolument que je le fasse maintenant car ce soir, je n'aurai plus le temps. Au fond, cet acte de charité sera comme une prière, non? Et puis je vais regarder aussi les dernières actualités: sans doute pourrai-je y trouver une intention de prière forte à porter. C'est bien là ma vocation de chrétien au cœur du monde? » En tout cela, nous cherchons la force clinquante du lion et passons à côté de l'agneau docile et immolé. Nous cherchons, à travers la fenêtre de notre téléphone, à échapper au lieu où Dieu nous demande de le rejoindre: le quotidien, réel et aride.


L'Agneau immolé comme les préoccupations d'Évagre pour l'extérieur de sa cellule nous disent deux choses qui se rejoignent. Les coups d'œil qui nous arrachent aux tâches ordinaires sont le symptôme de la volonté de fuir un quotidien qui n'a plus de sens. Ils témoignent d'un désir de trouver une activité plus forte, plus porteuse que celle qui se répète ou dont nous ne comprenons plus la portée. Cette tentation à dévier, par de petits pas de côté, pour ne pas accomplir la tâche que nous sommes appelés à faire, ou pour abandonner en pensées les lieux et les personnes qui nous entourent ordinairement, est augmentée par les téléphones que nous avons en poche. Mais il se cache aussi derrière ce type de comportements des intentions catholiquement correctes. Elles procèdent du même type de tentations, mais sont parfois plus subtiles à démasquer.



chapitre 4 ; les achats en ligne


Le miroir: commander aux biens

On retrouve dans les achats en ligne les ressorts typiques de la manière dont la problématique de l'argent et des biens matériels avance dans une vie chrétienne: à visage masqué. La possibilité d'achats faciles, abondants et à faibles coûts offerts par le commerce en ligne, décuple tous les dangers soulignés par les Anciens.

Mais alors, que faire? Devenir les chantres d'une austérité en réaction à la surconsommation ordinaire du commun de nos concitoyens?

Peut-être, mais en prenant garde de ne pas passer d'un extrême dans l'autre. Saint Augustin, repris en cela par le théologien américain William Cavanaugh (né en 1962), souligne avec finesse combien on trouve chez le cupide comme chez. l'austère le même type de sentiment: une volonté d'indépendance à l'égard du monde matériel.

On découvre, une nouvelle fois, le penchant dangereux maintes fois souligné dans ces pages: devant un danger spirituel, se réfugier dans l'angélisme. Il apparaît délicat de gérer des biens matériels sans risquer de se laisser griser par la possession matérielle? Refusons purement et simplement les biens matériels, et notre cœur sera plus léger! Pareille tentation est pernicieuse, car elle se donne le sentiment extérieur de la sainteté, mais elle cache en réalité une volonté de se placer au-dessus de la condition humaine commune.

Sous des dehors d'austérité, elle est une fuite de la réalité et un refus du combat qui caractérise toute vie chrétienne authentique.


S'interroger sur le nécessaire

Thomas d'Aquin a proposé, au xul® siècle, une voie équilibrée dans ce domaine". La solution qu'il esquisse consiste à replacer les biens dans la Perspective de la fin que l'on poursuit. En quoi tel ou tel bien est-il nécessaire à la vie qui est la mienne? Comment la possession de ces biens et leur usage me permettent-ils d'accomplir ce que je suis appelé à vivre?

Pour répondre à cette question, Thomas ne préconise pas à son lecteur de faire de longs exercices spirituels. Il convient tout d'abord de se demander quels biens sont nécessaires à ma conservation comme personne humaine. Il me faut posséder des biens pour me nourrir, pour me loger, pour me vêtir. L'Aquinate indique que refuser ces biens indispensables, même sous prétexte d'aumône, est absolument à proscrire.

Entretenir son corps est un devoir pour tout homme. Posséder ce type de biens est important non seulement pour moi, mais également pour les personnes dont j'ai directement la charge. Ainsi, je ne peux pas, sous prétexte de charité ou pour cultiver une bonne distance aux biens matériels, me priver et priver mes enfants de ce qui est nécessaire à la vie. Mais ce n'est pas seulement la survie biologique qui est impliquée par cette propriété.

Dans une perspective stimulante, Thomas indique que posséder des biens en vue de correspondre au statut que la société nous confère est aussi toutà fait légitime. Ainsi, si mon travail implique d'organiser un dîner avec des collaborateurs dans un restaurant étoilé ou de porter des vêtements coûteux pour représenter mon entreprise, il s'agit là de dépenses qui entrent aussi dans le registre du bon ordonnancement des biens à leur fin.

En revanche, tout ce qui dépasse le néces-saire, tout ce qui ne me sert pas ou tout ce qui ne permet pas de servir raisonnablement ceux dont j'ai la charge, entre dans le domaine d'une propriété qui menace de m'envahir.


chapitre 6 ; acquérir des connaissances en ligne


La connaissance humaine a, selon Thomas, cette caractéristique qu'elle commence par les sens et ne peut saisir tout de suite l'ensemble du contenu d'une chose à connaître. Elle doit progresser, et cette progression implique du temps.



Je vous renvoie au livre bien sur, pour entrer en profondeur dans ces sujets !


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Marie Bancel - AFT

Artiste - Auteur : SIRET : 98524497900011

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